Présidentielle : Le nouveau Premier ministre prépare son gouvernement

photo EDOUARD PHILIPPE

A 46 ans, Edouard Philippe, le Premier ministre d’Emmanuel Macron est peu connu du public. La droite est embarrassée, un groupe d’une vingtaine d’élus de droite souhaite que leur famille politique réponde à la main tendue du Président de la République.

« Être à la hauteur de la situation du pays »

Edouard Philippe a eu une enfance normande, il et né à Rouen en 1970. Maire du Havre depuis 2010 et député depuis 2012, il n’a jamais été ministre. Ancien élève de l’Ecole Nationale d’Administration, il a commencé sa carrière au Conseil d’ Etat en 1997, en se spécialisant dans le droit des marchés publics. Anciennement collaborateur de Michel Rocard, il devient plus tard collaborateur proche d ‘Alain Juppé. Il quittera l’équipe de campagne de François Fillon, début mars, pendant l’affaire « Pénélope ».
Dès la nomination à Matignon du Premier Ministre LR, plusieurs élus LR et UDI ont réagi, tels que Benoist Apparu,Gérald Darmanin, Thierry Solère, Franck Riester, Arnaud Robinet, Christophe Béchu, Dominique Bussereau, Fabienne Keller, Christian Estrosi, Jean-Luc Moudenc puis Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo. Il estiment que cette nomination est « un acte politique de portée considérable ».
Ils appellent leur famille politique à « être à la hauteur de la situation du pays », et au « rendez-vous de l’intérêt général, et répondre à la main tendue » du Président.
De son coté, Bruno Le Maire a rappelé vouloir « dépasser les vieux clivages ». Actuellement, plusieurs d’entre eux sont cités pour entrer au gouvernement d’ici ce soir mardi. « Pour l’instant, il n’y a pas lieu de s’affoler mais on peut avoir des surprises. La vraie question, c’est, y a t-il une majorité d’idées après les législatives ? »déclare un conseiller.

 « Une décision individuelle »

Pour les ténors LR, et François Baroin, ils préfèrent minimiser l’événement et parlent d’une décision individuelle. Ils s’interrogent sur la campagne électorale des législatives que doit mener le Premier ministre.
Le chef de file de la droite pour les législatives redoute tout de même, comme ses amis, la fuite de certains d’entre eux vers la Majorité d’En Marche, l’aile droite de LR a choisi d’attaquer durement Edouard Philippe, l’accusant, à l’instar du député LR des Alpes Maritimes Eric Ciotti, de « troquer ses convictions » pour « être dans l’air du temps ».
Bien que le Premier ministre, dans son discours de passation de pouvoir, ait affirmé être un homme de droite, plusieurs de son entourage, comme durant la campagne de la primaire d’Alain Juppé, pour dénier cette appartenance, préfère affirmer « il était déjà en marge du parti, il ne représente rien »siffle un élu. Pour Valérie Pécresse qui dit être pour « une cohabitation apaisée », une certaine partie voudrait prendre Emmanuel Macron à son propre piège. « Il veut un ministre de droite? donnons-lui un gouvernement de droite ! »a lancé la présidente de la région Île-de-France vendredi.
Alain Juppé, comme d’autres, félicitent et soutiennent le Premier ministre, tout en estimant, tel que l’exprime le juppéiste Arnaud Denjean, que la recomposition, « sans doute souhaitable, ne peut s’envisager que dans la clarté. Donc après les législatives. »

SANS COMMENTAIRES

Laisser un commentaire